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Lettre de présentation (29/11/04).

      Chers (es) adhérents (tes), chers amis (ies),

      En 2005, nous entrons dans notre 15ème année d’existence. À l’heure du bilan, on pourrait faire du triomphalisme, de l’auto satisfaction et se féliciter des actions menées (souvent dans l’ombre) pour que la vérité passe et les scandales ou aberrations soient dénoncés.

      Forts d’un passé et d’une action de qualité, nous préférons regarder l’avenir et franchir l’étape supérieure, celle qui nous permettra d’atteindre l’autonomie.

      Culture et Goût doit grandir !..

      Notre association va s’enrichir tout au long de l’année 2005 de compétences, nous devrions dire de sommités dans leur domaine respectif. Pour prétendre à la réussite de nos nouveaux objectifs, notre association est encore aujourd’hui trop mal structurée, elle ne peut répondre aux enjeux à venir. L’arrivée d’un manager est aujourd’hui indispensable pour diriger les équipes. Compte tenu des besoins de l’association, il déterminera avec chacun la fonction la mieux adaptée à ses compétences comme à ses goûts, il sera en somme notre fédérateur. Il fallait donc réagir et nommer vice-président un homme de talent, d’expérience, sachant communiquer et plus encore ayant une connaissance administrative dans la gestion des dossiers. Ce n’aura pas été une sinécure que de dénicher la perle rare. C’est pour ces raisons que nous sommes heureux d’annoncer la prise de fonction de Mr Jean-Claude Enjalbert dont le parcours personnel tant humain que professionnel ne peut que forcer le respect (voir sa fiche de présentation).

      2005 sera pour Culture et Goût l’occasion de se hisser au premier rang européen en matière de communication dans la défense des produits de bouche de haut de gamme. Volonté ambitieuse, voire prétentieuse pour certains. Pourtant, plus que jamais, notre association doit réussir afin de contrer une presse médiocre, un journalisme souvent complaisant ou tristement incompétent qui s’émerveillent un peu vite devant des vins ou des productions agricoles souvent très contestables. La multitude de publications, le manque d’investigation de pseudo journalistes, les bafouilles rapides et le poids de l’image ont fait de ce début de troisième millénaire l’âge d’or du «packaging» au détriment du contenu. Ne nous le cachons pas, «Culture et Goût», par nature va devenir élitiste. Bien heureux seront les abonnés car ils pourront bénéficier d’une information sérieuse, étayée par l’expérience et les compétences d’experts dévoués, amoureux et passionnés de la riche diversité du monde alimentaire.

      Pour illustrer et annuellement féliciter les plus talentueux artisans des métiers de bouche, nous allons produire et financer intégralement une publication qui se présentera sous la forme d’un document, d’un «livre blanc» de la gastronomie. Nous féliciterons les plus grands «faiseurs» et ce dans tous les domaines de l’alimentation. Nous publierons un palmarès d’excellence qui louera indistinctement les meilleurs vignerons, les plus excellents chocolatiers, torréfacteurs ou autres confiseurs. Les confituriers, comme les plus remarquables fromagers affineurs auront aussi leur place dans ce document. Nous n’oublierons évidement pas de dégager les céréaliers et boulangers de tout premier ordre comme nous voulons vous informer aussi des meilleurs oléiculteurs, riziculteurs, maraîchers, poissonniers de petite pêche, conchyliculteurs, etc…

      Pas question pour nous d'être un de ces "livres de plus" qui, pour être rentables, multiplient les louanges comme autant d'espoir de vendre le plus de publicité ou de toucher un grand nombre de lecteurs. Notre farouche indépendance et la transparence de notre action est notre seul argument de conviction. C'est pour cela que nous avons décidé de sortir de l'édition traditionnelle et de sa diffusion. Nous financerons et distribuerons nous-mêmes notre travail aux abonnés, mais nous serons surtout très présents dans les Comités d'Entreprise, fortement demandeurs d'informations vraies.

      Sachez, chers amis, que Culture et Goût a essuyé de violentes tempêtes, nombreux sont nos ennemis qui n'apprécient pas notre liberté de ton. Il est regrettable que ses censeurs ou dirigeants suicidaires et aveugles ne nous aient pas écouté, il y a dix ans, quand nous annoncions le déclin de la viticulture française, la perte de nos valeurs, la surexploitation du vignoble dans la très grande majorité des cas, et surtout nous les avions mis en garde face au désintéressement de la jeunesse à l'endroit du vin, et cela dans toute l'Europe !..

      On plante de la vigne aujourd'hui, on financera son arrachage demain ! Nous n'avons pas eu peur de dire à "Culture et Goût" que le niveau des vins de premier prix devenait d'une médiocrité inquiétante alors qu'au même moment les denrées de base, elles, faisaient de grands progrès !?

      Pour maintenant être efficace, Culture et Goût ne peut plus se satisfaire de "feuilles volantes" envoyées quelques fois dans l'année ; il faut une vraie publication, forte ,concise, efficace pour protéger et sauver un patrimoine alimentaire mondial en sursis. Il faut bien avouer que les discours sont habiles et les vendeurs de rêves légion. Que nous offre-t-on ? D'un côté, une vision industrielle de l'alimentaire, de l'autre un populisme inquiétant entretenu par de pauvres agriculteurs anxieux et apeurés, parfois à juste titre, face aux nouvelles pratiques scientifiques qu'ils ne comprennent pas.

      Les politiques eux-mêmes ne savent plus quoi penser. Alors que tout est si simple !

      Il y a de la place pour deux types de culture, l'une de masse pour assurer la subsistance des populations les plus fragiles sur le plan planétaire. L'autre, de haute qualité, qui entretient les paysages régionaux et leurs traditions avec un souci tant culturel que de préservation des patrimoines.

      Le bon vieux temps n'a jamais existé, pas plus que l'avenir ne sera radieux. Au début du vingtième siècle, on avait un choix de denrées alimentaires très limité, aujourd'hui on souffre du contraire ! Lorsque l'on défend le Château Petrus ou le Château Lafite Rothschild, on cultive avant tout l'espoir, la notion de modèle, la voie à suivre.

      Chers adhérents, encore une fois, faites-nous confiance et renouvelez par votre abonnement cet espoir que nous partageons tous. Votre participation financière à Culture et Goût est indispensable pour que nous puissions nous développer encore, et avec tous nos partenaires peser sur les dossiers sensibles dans une période charnière de l'histoire de l'alimentation internationale.

      Croyez en nos sentiments les meilleurs, en la sincérité, la justesse de notre action.

Messieurs Marc MIANNAY et Eric VERDIER

Sartrouville, le lundi 29 novembre 2004

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